Les traumatismes des victimes de l’attentat du 13 Novembre 2015

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attentat 13 novembre 2015 grand stade de france paris
attentat 13 novembre 2015 grand stade de france paris

 

Peur, angoisse et effroi sont sources de traumatismes des victimes des attentats

 

L’événement traumatique

L’événement tel que l’attentat au Bataclan est le plus souvent exceptionnel, très grave, particulièrement violent, inattendu, brutal, accompagné souvent de panique, de sons et d’image de mort réelle, de sang de blessés.

Les cinq sens sont mobilisés de manière puissante, simultanée et violente de sorte que l’évènement est traumatisant quelque soit le vécu préalable du patient. Ce vécu subjectif du patient est toujours nécessaire et peut être suffisant pour que le traumatisme se déclenche.

L’événement lui-même est le plus souvent nécessaire mais jamais suffisant pour déclencher un traumatisme. Autrement dit C’est l’évènement comme l’attentat terroriste du Vendredi 13 Novembre 2015 à Paris qui est la source du traumatisme et c’est  le passé du patient va détermine l’impact sur le patient du trauma.

C’est l’évènement catastrophique intime, singulière, sans commune mesure avec la catastrophe que vit le patient à ce moment là. Le patient est alors accueilli comme tel avec son traumatisme sans qu’il soit pertinent de chercher à mesurer l’ampleur de ce trauma.

 

Le traumatisme : angoisse, effroi, peur

Si Freud insiste sur la surprise qui caractérise le traumatisme psychique il différencie bien l’angoisse, la peur et l’effroi :

1 – l‘angoisse désigne un état caractérisé par l’attente du danger et la préparation à celui-ci, même s’il est inconnu.

2 – la peur suppose un objet défini dont on a peur.

3 – l’effroi est un état qui survient quand on tombe dans une situation dangereuse sans y être préparé ; ce terme met l’accent sur la dimension de surprise.

Pour Freud, l’angoisse n’engendre pas de névrose traumatique, l’angoisse protège contre l’effroi et donc aussi contre la névrose d’effroi Les rêves de répétition, auraient selon Freud pour but la maîtrise rétroactive de l’excitation sous développement d’angoisse, cette angoisse dont l’omission aurait été la cause de la névrose traumatique.

L’impréparation du patient à la survenance de l’évènement, l'absence d'anticipation des attentats terroristes par exemple, dans les syndromes psycho traumatiques  sont liées à la brutalité même de l’évènement et ne résulte pas d’un manque de préparation du patient qui de toutes manières le peut pas compenser l’agression que l’évènement lui fait subir.

Le patient n’a de représentation de sa propre mort que par des substituts et par l’idée qu’il se fait du blocage du « présent des choses futures».

Souvent les patients quand ils décrivent la scène à laquelle ils ont assisté parlent d’un instant bref ou aurait lieu «  une panne «, «  une déconnection », «  un moment », un moment ou «  le temps est suspendu ». Ce n’est qu’après ce moment d’effroi que survient l’angoisse qui est reliée à l’image ou le cumul des images qui sont alors menaçantes pour la vie même du patient.

La rencontre avec la mort et le néant

Le  traumatisme psychique s’il comporte une atteinte aux défenses du patient, implique la confrontation soudaine avec la mort, celle du patient ou celle des autres qui sont pris aussi dans l’attentat, l’annonce des 128 morts et des 80 blessés.  Ainsi le patient est brutalement confronté à l’occasion, comme lors du moment festif du concert d’Eagles of Death Metal ou de la rencontre amicale France-Allemagne de ce vendredi 13 novembre 2015. Réel de la mort que chacun a soin chaque jour d’apprivoiser soit en la niant, soit en la défiant soit encore en tentant d’en exorciser la prise qu’elle pourrait avoir sur nous. La mort fait alors irruption comme un  non-sens dans une existence jusqu’alors voulue sensée.

Face à la révélation de la mort vraie, le patient est démuni. Personne n’a de représentation préconstruite de la mort car les substituts forgés par la conscience et la culture, tels que le cadavre et les rites mortuaires, ne peuvent expliquer ni maîtriser cette confrontation. L’effroi qui survient alors face à la mort comme vérité ultime, perte de soi-même, et les symptômes de la névrose traumatique comme vaine tentative de rempart au processus de mortification (inhibition, dissociation, repli sur soi) ou encore les chocs post traumatiques et les répétitions affirment la puissance et la permanence inexorable de l’effroi.

 

Article connexe : Le traitement des chocs traumatiques 

 

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