TRAITER DEFINITIVEMENT LES PHOBIES EST-CE POSSIBLE ?

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Comment traiter définitivement les phobies ?

 

La phobie se définit comme une peur irrationnelle chez une personne dans des situations pourtant sans danger. Par un mécanisme de projection la personne analyse la situation comme dangereuse car son inconscient la relie à une figure angoissante. traiter définitivement les phobies

Traiter définitivement les phobies  appelle d’emblée deux remarques :

La première  est qu’une même phobie ne s’origine pas dans la même figure anxiogène pour chaque patient. C’est à chaque fois singulier. L’origine de l’agoraphobie  est spécifique pour chacun et ne s’explique jamais de la même manière. La claustrophobie qui empêche d’utiliser les ascenseurs ou les transports en commun  ne signifie jamais la même chose.

Donc, ce n’est jamais dans une explication rationnelle qu’il faut s’orienter pour traiter définitivement les phobies. "Enlever une phobie" comme par magie n'a donc pas de sens.

La seconde remarque est que l’exclusive confrontation obligatoire, mécanique avec la situation angoissante et selon un nombre de séances déterminé par avance tel que l’envisagent les thérapies comportementales et cognitives n’est pas opportune. Avec ce procédé, les particularités du patient ne sont pas prises en compte pour traiter définitivement les phobies car si la mise en situation permet, peut être, d’apprivoiser la situation phobique, les liaisons inconscientes entre la situation et la figure angoissante ne sont pas mises à jour et échappent à l’analyse. Il y a  alors déplacement de la phobie sur autre chose car la figure angoissante est projetée ailleurs. Donc l’angoisse resurgit de plus belle là où on ne l’attendait pas.

L’approche psychanalytique qui privilégie le singulier avec pour support le langage permet en revanche un accompagnement adéquat.

Sans mécanisation des comportements, cela permet de traiter définitivement les phobies car le patient saisit la structure même du mécanismeCe qui est privilégié dans cette approche c’est la qualité de mise à jour des processus inconscients dans l’avènement de ce qui constitue la vérité pour le patient. Il n’est jamais possible de connaitre par avance le temps que ce travail prendra. 

La thérapie s’effectue en collaboration avec le patient. Il est alors encouragé à décrire les sources de son angoisse et à mettre en mots ses ressentis. De son propre chef, à son rythme, à sa manière, pour évaluer les améliorations, le patient expérimente ce qui l’angoissait par le passé. Par le biais du langage le patient est encouragé à réaliser des associations à propos des situations. Parfois les améliorations sont linéaires et fulgurantes. Pour d’autres patients les améliorations se réalisent par paliers. Tout dépend  des éléments singuliers de l’histoire de chacun.

 

 

Freud à propos de la phobie du petit Hans a mis en évidence que sa phobie des chevaux est reliée à la peur qu’il avait de son père. Quand Hans voyait un cheval tomber il souhaitait inconsciemment qu’il arrive à son père une chose identique. Sa peur d’être mordu par le cheval est liée à son angoisse de castration. En évitant donc la présence des chevaux il s’évitait la crainte de la castration.

Pour la psychanalyse l’objet phobique : métro, ascenseur, espaces restreints ou au contraire immenses, tunnel…  fonctionne comme  un secours posé comme rempart contre l’angoisse.

Par conséquent, l’objet phobique est une solution, très pénible pour le patient, mais c’est cette solution qui marque la limite, le repère, la ligne à ne pas franchir. Car en franchissant cette limite, en empruntant  selon le cas le métro, l’ascenseur, en se trouvant dans des espaces restreints, ou au contraire en d’immenses lieux, ou encore en entrant dans un tunnel… inconsciemment le patient croit qu’il y trouvera l’objet non maîtrisable. Il s’abstient donc.

En évitant certains endroits, le patient s’évite la rencontre de ce que Jacques Lacan nommait le Réel.

L’objet phobique se met devant ce qui fait peur. Le sens de la thérapie est de découvrir se qui se cache derrière. Là est la clé pour traiter définitivement les phobies .

Pour le petit Hans sa phobie des chevaux était la réponse à l’insoluble question à propos de l’obtention de l’amour de sa mère. L’analyse lacanienne du cas du petit Hans permet de mettre en évidence la distinction symbolique de quatre temps : le mode imaginaire du moi phallique, la naissance de l’angoisse, la réponse phobique du patient et son achèvement par la parole échangée.

Donc  Hans progresse grâce à la parole sur ce que le mot «cheval» représente et c’est à ce même travail qu’est convié le patient pour traiter définitivement les phobies. Car le lien n’est jamais donné d’emblée. Il nécessite une exploration lors des séances.

 

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Psychanalyses - Psychothérapies

Psychanalyste, Psychothérapie Individuelle, Adulte, Adolescent, Enfants, Thérapie Brève, Accompagnements et Soutien à Paris, 75.
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